Le Monde vu de la Cortewilde

Le Monde vu de la Cortewilde

31.10.16 Les mots qui disparaissent...

jean d'ormesson.jpg

 

LES MOTS QUI DISPARAISSENT Jean d'Ormesson

 Jean Lefèvre d’Ormesson (parfois surnommé Jean d’O), né le  juin 1925 dans le 7e arrondissement de Paris, est un écrivain, chroniqueur, journaliste, acteur et philosophe français.

Il est membre de l’Académie française depuis 1973. Membre de la famille Lefèvre d'Ormesson appartenant à la noblesse de robe, il porte le titre de courtoisie de comte d'Ormesson.

 

 Eh oui, de plus en plus...

Il y a des mots, des expressions, qu'on n'entend plus ou qu'on emploie moins.

Ils arrivent, exténués, à la fin du deuxième millénaire.

Le siècle qui vient risque de leur être fatal.

 

Conservez-les, un jour viendra peut-être où on ne les trouvera plus dans aucun dictionnaire, si ce n'est du vieux français...

 


  Quelques exemples:

 

INCULPATION 

A été expurgé du Code Pénal au profit de "mise en  examen". Cela afin d'éviter une infamante présomption de culpabilité.

Etre "en examen" ne présage pas du résultat de l'examen.

Aujourd'hui quand quelqu'un est MIS EN EXAMEN, on doit toujours insister sur le fait que cela ne préjuge pas de sa culpabilité ?

Comme du temps où il aurait été "inculpé".

 

INSTITUTEUR 

Longtemps remplacé par "MAÎTRE D'ÉCOLE". Il tend à disparaître par sa dissolution dans le concept fourre-tout de l'enseignement,

au bénéfice de "PROFESSEUR des ÉCOLES"

 

MAÎTRESSE 

Ne pas assimiler à la version féminine d'instituteur !

Ce serait une "professeuse des écoles". Les maris n'ont plus de maîtresse mais une "amie".

Les épouses conservent parfois l'amant, mais seulement à cause de la connotation romantique : les moins  romantiques n'ont qu'un ami aussi.

 

MORALE 

A force d'être inemployée a disparu. Ne demeure que "ordre  moral", mais attention : connoté de « fascisme »

Toutefois personne ne se réclame du "désordre moral". La morale n'est plus enseignée, elle est remplacée par "éducation à  la citoyenneté"

 

MOURANT 

Il n'y a plus de mourant mais des malades en "phase terminale".

Afin d'éviter une regrettable confusion ne dites pas à votre fils qu'il est en terminale mais qu'il va  passer son bac !

Pour désigner un mort doit-on parler d'un individu "en phase terminée" ?

 

PATRIOTE –

Totalement absent du vocabulaire politique et civique.

Désigne aussi un bon citoyen américain et un missile américain.

 

PATRON –

Nous n'en avons plus, ni même des chefs d'entreprise,

mais des DIRIGEANTS D'ENTREPRISE.

Le CNPF (C N du patronat français) en a pris acte en devenant le MEDEF.

Seuls quelques cégétistes utilisent encore le terme de "patron" ce qui prouve bien qu'il est désormais péjoratif...

 

PAUVRE –

N'existe plus. C'est un "défavorisé", un "plus défavorisé", un "exclu", un "S.D.F." à la rigueur un "laissé pour compte".

Dans les années 80, il subsistait uniquement dans  l'appellation "nouveau pauvre"; ce fut le chant du cygne.

 

PROVINCE 

Dire "en RÉGION". On ne dit plus du "provincial" mais du "RÉGIONAL".

 

RACE –

A été abolie au profit "d'appartenance ethnique". Sinon, vous êtes raciste, fasciste, nauséabond, …

On peut  néanmoins dire "black" en anglais et en banlieue.

 

SERVANTE, bonne 

Se trouve dans les romans du XIX° siècle.

Aujourd'hui c'est une "employée de maison".

Quand elle s'occupe de  vieux - pardon de "personnes âgées" - elle devient "auxiliaire de  vie".

 

SÉQUESTRÉ –

Aucun cadre, aucun chef d'entreprise n'est séquestré,  il est "retenu contre son gré".

 

VANDALE –

a laissé place à "jeunes en colère" aux "paysans en colère".

L'ampleur des dégâts distingue les vandales des autres.

 

VANDALISME 

impolitesse, injures, agressions, bris de matériel, racket sont regroupés sous le terme "incivilités".

On ne dira plus que ce sont des "sales gosses" mais qu'ils "manquent de civilité".

A noter la louable tentative de Jean-Pierre Chevènement d'introduire la  bénigne expression" SAUVAGEON".

Il a dû battre en retraite devant  « l'Insurrection des consciences ».

 

VOL 

Terme réserve aux gagne-petit et aux obscurs.

Pour les  politiques on parlera "d'enrichissement personnel". Ce qui est condamné unanimement par les collègues contrairement à 

l'enrichissement impersonnel, qui, lui, ne bénéficie qu'aux partis,  mérite la compréhension, ce que les juges n'ont pas encore  compris.

 

VOYOU 

En voie d'extinction. On ne connaît que des individus "connus  des services de polices", des "récidivistes", des multi-délinquants".

 


  2) UN NOUVEAU MOT FRANCAIS DE MONSIEUR JEAN D' ORMESSON 

  Je vous prie d'enregistrer le dernier mot de notre belle  langue française, avec la définition par l'un de ses plus farouches défenseurs :

 

« L'INAPTOCRATIE.

 

DÉFINITION : -

Un système de gouvernement où les moins capables de  gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les  autres membres

de la société les moins aptes à subvenir à  eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des  services qui ont été payés par la

confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle.

 

TRADUCTION BRITANNIQUE... 
  Il n'y a pas lieu de désespérer parce que comme l'a dit Margaret Thatcher : 
  " Le socialisme ne dure que jusqu'à ce que se termine l'argent des autres ".

 

Ou comme l'a si bien dit Winston Churchill :  "Les socialistes, c'est comme Christophe Colomb :

quand ils partent ils ne savent pas où ils vont et, quand ils arrivent, ils ne savent pas où ils sont "

…et tout cela avec l'argent des autres !!! 
  
  D'où l'invention du GPS : Guide Pour Socialiste

 

A l'école primaire des socialistes, on apprend les 4 opérations : 
>    
- L'addition des impôts; 
>   - La soustraction des revenus; 
>   - La multiplication des fonctionnaires et des immigrés; 
>   - La division du travail.

 

Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba. Au moins vous serez sûrs de n'avoir que 40 voleurs. »

 

Jean d'ORMESSON.

 

N.D.L.R. Les opinions de Mr d’Ormesson sur le socialisme n’engagent que lui…

 

Tout ceci me fait penser à un sort que l'on fait de plus en plus aux mots dans notre société bien-pensante, et qu'on appelle le "vocabulaire politiquement correct".

De plus en plus, on a l'impression que l'on a peur des mots jugés trop réalistes.

 



Le foisonnement du langage politiquement correct des grands médias (presse, radios, télévisions), de l’administration ou de certains ministères (Education Nationale, Jeunesse et Sports…) rend nécessaire un lexique pour décoder :

A gauche ce qu’il faut comprendre, à droite la langue de bois :

agression : incivilité
aveugle : non-voyant
avortement : interruption volontaire (même si ça ne l’est pas) de grossesse
balayeur : technicien de surface
ballon : référentiel bondissant
bombardement : frappe chirurgicale
bordel : salon de massage
caïd : grand frère
cancre : élève en difficulté, ou mieux encore : élève en situation d’échec scolaire 
censure : faire preuve de retenue
civique (adjectif) : citoyen (nom)
criminalité : insécurité
cancer : longue maladie
criminel : victime de la société
chômeur : demandeur d’emploi
clochard : SDF (ce qui est faux, en plus)
coups et blessures : incivilités
débile : handicapé mental
dégâts collatéraux : morts d’une bataille
délinquant : jeune
droguer (se) : pratiques à risque
élève : apprenant
envoi de troupes : ingérence humanitaire
être handicapé : être diminué
facteur : préposé
femme de ménage : technicienne des sols, employée de maison
grammaire progressiste :

  • grammaire : observation raisonnée de la langue
  • sujet : complément de degré zéro
  • verbe : prédicat

guerre : intervention, ingérance
hypocrisie : politiquement correct
immigration : diversité
immigré clandestin : sans-papiers 
infirme : handicapé moteur ou mieux : personne à mobilité réduite
insulte : incivilité
invalide, impotent : handicapé
libre : non-occupé
mariage forcé : tradition
métissage : diversité
mensonge : contre-vérité
misère, pauvreté : exclusion
mort : départ
mourir: s’en aller, partir
mutiracialité : diversité
nain : personne de petite taille, ou mieux, personne à verticalité contrariée
nomades : gens du voyage
normal : hétérosexuel
noir : black
noir : personne de couleur
obèse : enveloppé
parents d’élèves : géniteurs d’apprenants
partenaire sexuel : partenaire intime
pornographique : au contenu explicite
prison : espace carcéral
relations sexuelles : plaisir
pauvre : handicapé économique
promiscuité : mixité sociale
prostituée : travailleuse du sexe
racaille : jeunes gens
rapports sexuels : rapports intimes
recherche d’emploi : projet professionnel
réfugié : demandeur d’asile ou encore mieux requérant d’asile
remariage : famille recomposée
romanichels : gens du voyage
séquestration et viol : mariage forcé
sourd : malentendant
soviets (les) : démocratie participative, jurys citoyen (S. Royal)
traîner : être en déshérence sociale
vieillesse : troisième âge
vieux : senior
viol : violences sexuelles
viol collectif : tournante
voyou : jeune, jeune homme
you-yous : mariage maghrébin ou africain

« La perversion de la cité commence par la fraude des mots. » Platon, La République.

Stendhal inscrit en tête d’un de ses chapitres, dans le Rouge et le Noir : "La parole a été donnée à l’homme pour cacher sa pensée». Là gît la véritable clef de la langue de bois : l’homme, dès lors qu’il ne se sent plus libre de s’exprimer, au sens plein du terme, cesse d’utiliser la langue comme un miroir; il la manie comme un leurre et en joue comme d’un masque.

 



31/10/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 79 autres membres