Le Monde vu de la Cortewilde

Le Monde vu de la Cortewilde

"On trouve pas de boulot!"

Ce matin, je suis allé au contrôle technique à Ypres. Au moment de payer, je vois, affichée
au guichet, une feuille « On embauche des contrôleurs ». En partant,
200 m plus loin, le grand garage Renault Trucks affiche un grand panneau
« On embauche des mécaniciens poids lourds » (les 2 en néerlandais
bien sûr !).

 

Tout cela alors qu’on entend partout qu’il n’y a plus de boulot. Mais ce qui m’inquiète
le plus, c’est qu’on se tue à dire aux jeunes qu’il y a du travail, énormément
de travail dans les secteurs techniques. Et technique ne veut pas forcément dire un bête travail
manuel ou on passe son temps dans le cambouis. Avant d’aller au contrôle,
j’étais allé au garage Toyota, où je suis toujours étonné de la propreté des
vêtements de travail du personnel, idem au sol, c’est nickel partout.

 

Et malheureusement, l’enseignement technique, où j’ai effectué toute ma carrière,
est toujours aussi mal considéré. Certains sont encore persuadés que c’est une
filière de deuxième (voire de troisième) classe alors qu’elle prépare des
techniciens capables d’être rapidement efficaces sur le terrain. Trop de jeunes
ont encore des préjugés contre ces métiers alors que certains jouissent d’une
excellente renommée. Aujourd’hui, un enseignant n’est pas mieux considéré qu’un
couvreur ou un informaticien, bien au contraire…

 

Et vous me direz « Oui, mais c’était en Flandre ! ». D’accord, mais durant
ma carrière, j’ai toujours été effaré de voir l’enthousiasme des élèves à
suivre le cours de néerlandais, comme si c’était du chinois. Là, je ne pardonne
pas : c’est un manque absolu de volonté : avoir suivi 4 heures de néerlandais par semaine pendant 6 ans (sans parler des primaires) et être toujours incapable de faire une
phrase, c’est intolérable et sans excuse. Et pourtant, les patrons flamands ne
sont pas du tout exigeants : même des Français sont embauchés ! Et
de plus, aujourd’hui, les cours de néerlandais sont directement axés sur des
compétences simples : savoir lire une carte, demander son chemin, aller au
restaurant, demander un papier officiel…

 

Je le répète : dans l’industrie il y a du travail et aussi bien payé que les
autres, un prof débutant ne roule pas sur l’or.

 

Pour terminer, autre indice des besoins réels de l’industrie : depuis un
certain temps, des « chasseurs de tête » évoluent dans la région, à
la recherche d’excellents spécialistes techniciens, je cite, pour avoir connu
deux cas, des soudeurs hautement qualifiés. C’est simple : ils vous
contactent, viennent même chez vous pour vous proposer de vous embaucher.
Première question : combien gagnez-vous ? Et si on vous donnait x
euros de plus, ça vous intéresserait ? Il se dit même qu'on peut discuter et que si vous n’êtes
pas « trop » gourmand, c’est vous qui gagnez le deal ! C’est de deux Cominois dont je parlais, dont un de Comines France, c’est dire si la langue n’a pas d’importance, puisqu’il s’agissait
d’une firme de Roulers…

 

Ne venez plus raconter qu’il n’y a pas de boulot !



18/11/2011
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