Le Monde vu de la Cortewilde

Le Monde vu de la Cortewilde

Des chiffres à propos des dons d'organes.

     17 octobre était la journée mondiale de la greffe et du don d’organes. Un jour important pour moi, puisque je dois ma vie d’aujourd’hui à une greffe, donc d’abord à un donneur, que j’honore par ces lignes, même si je le connaîtrai jamais, il est là, en moi, tout à côté de mon cœur.

 

     Et en ce dimanche, Nord-Eclair consacre une page entière à ce sujet. Le témoignage du père d’un jeune greffé aujourd’hui disparu. C’est vrai qu’après une greffe, les médicaments anti-rejets ont le défaut de diminuer vos défenses contre toutes les infections. Il faut être prudent. Un vaccin par exemple me met à l’abri d’une simple bronchite qui serait mortelle pour moi. Mais rien ne peut me protéger d’une intoxication alimentaire, également inexorablement fatale, sauf une hygiène stricte de tout ce que je consomme.

 

     Le journal évoque aussi les associations et leurs actions en faveur du don d’organes. Des bénévoles qui ne bénéficient d’aucune aide et qui se ruinent en frais de déplacement.

Il parle encore de l’aspect tabou du sujet, combien il est difficile de parler de la mort, de la confusion entre mort cérébrale, définitive, et le corps maintenu en vie apparente en attendant un accord pour prélèvement. Des convictions religieuses également, même si les Religions ne s’opposent pas explicitement au don…

 

     Mais ce qui a le plus retenu mon attention, ce sont des chiffres.

    On dit d’abord que statistiquement, une personne a 1 chance sur 8 de devoir un jour bénéficier d’une greffe. Il ne s’agit pas toujours d’un cas de danger de mort : on peut avoir besoin de cornée pour retrouver la vue. Encore faut-il toujours un donneur !

 

    On précise ensuite que 1.263 personnes sont aujourd’hui en attente. Environ 200 seront décédées avant qu’on ne leur trouve un organe. Et cette attente peut être atroce. J’en témoigne : quand on m’a annoncé que j’étais  enfin le n°1 sur la liste, je ne savais que penser : « Chouette, c’est enfin à mon tour » ou « Cette fois-ci, c’est pour moi que la greffe est devenue la plus urgente, et si un greffon n’arrive pas très vite, … » . Pour moi, ce double compte à rebours n'a duré qu'un mois…

 

     J’en arrive aux pires des chiffres : 180.000 personnes ont à ce jour fait enregistrer leur refus de prélèvement, contre  112.000 déclarations positives seulement ! Je sais : chacun reste le seul maître de son corps jusque dans l’au-delà.  Et pourtant toutes les familles qui ont accepté le prélèvement sur un proche défunt sont unanimes : c’est pour elles un immense réconfort de savoir que le don des organes de leur défunt a permis à plusieurs personnes de vivre. Et c’est en quelque sorte leur proche qui ainsi, n’est pas tout à fait mort.



23/10/2011
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