Le Monde vu de la Cortewilde

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Travailler le Lundi de Pentecôte?

    Nos gouvernants explorent toutes les pistes possibles pour faire des économies et relancer en même temps l'Economie du pays. Un véritable "brainstorming" qui amène chaque jour une nouvelle idée géniale!

 

     Et Pieter de Crem, le ministre de la défense, y va de son remède miracle : travailler le Lundi de Pentecôte, pour augmenter la productivité de nos entreprises autrement qu'en supprimant des emplois  ou l'Index, ou encore en augmentant la TVA.

 

 

 

    Personnellement, je ne serais peut-être pas contre l'idée de travailler un peu plus sans être augmenté, mais je me dois de préciser et de nuancer pour ne pas être maudit pour 7 génération par mes lecteurs!

 

     La France de Rafarin a essayé le système en 2004, mais ça s'est révélé être un véritable "bordel" dû à l'improvisation de l'application de la mesure. Avec marche arrière dès 2008.

 

      Si une augmentation de la productivité s'avère effectivement indispensable pour rendre nos entreprises concurrentielles, l'idée de travailler un peu plus pour le même salaire serait peut-être plus facile à avaler par les travailleurs, plutôt que de raboter leur revenu et faire ainsi baisser le pouvoir d'achat, et donc ralentir encore plus l'économie.

 

      MAIS, et j'insiste encore une fois sur ce ce "mais", il ne faudrait pas qu'à nouveau, ce soit une mesure qui ne touche uniquement que ceux qui travaillent et pas ceux qui vivent de leur rentes.

 

      Pensons tout haut, ou plutôt mettons nos pensées par écrit. En imaginant par exemple qu'on en reviendrait aux anciennes 40 heures au lieu des +/- 37,5 h (c'est à peu près ça, non?), le monde des travailleurs donnerait en fait environ 5% de ses revenus à la collectivité, il faudrait donc absolument que les revenus du capital soient également ponctionnés de 5% qui serviraient à diminuer les charges sociales des entreprises. Cela pourrait être un "deal win-win" pour parler branché.

 

      MAIS, et il y a encore un mais, le gros gros risque, c'est que les patrons ne jouent pas le jeu honnêtement et profitent de cette augmentation du rendement pour diminuer l'emploi d'autant. Ce serait trop tentant pour certains et j'admets qu'il serait difficile de contrôler le respect des règles du jeu.

 

     Pourtant, si l'emploi était garanti et les règles du jeu respectées, je suis persuadé que ces 5% d'augmentation de productivité et les rentrées des 5% sur les revenus financiers pourraient faire énormément de bien à l'économie de notre pays, et cela, surtout, sans aller pomper un seul euro dans la poche des travailleurs. Bien au contraire, la hausse de la productivité entraînerait forcément une baisse des prix qui relancerait les achats.

 

     Mais je le répète encore une fois, tout dépend de l'honnêteté des employeurs, car sans contrôle strict, la porte serait ouverte à tous les excès.

C'est d'ailleurs exactement ce qui s'est passé dans le secteur HORECA avec la fameuse réduction de la TVA, qui devait créer des milliers d'emplois et éradiquer du secteur le travail au noir. La majorité des patrons de restaurants n'ont pas joué le jeu : le prix affiché n'a pas baissé d'un cent, et l'emploi n'a quasiment pas augmenté, mais l'argent perdu par l'Etat a bien été dans la poche de quelqu'un...

Des chiffres? Ils sont connus : la réduction de la TVA dans l'HORECA a coûté 242 millions d'€ de manque à gagner pour les caisses de l'Etat. Dans le même temps, 3176 emplois (équivalent temps plein) seulement ont été créés dans le secteur, ce qui fait qu'un emploi temps plein créé coûte entre 55.000 et 75.000 € à l'Etat... Inacceptable! Là je crois que l'Etat serait en droit de reprendre ses pions!...

 

     Pour terminer, on pourrait me reprocher : "Quoi, vouloir nous faire retravailler 40h/semaine, alors que lui, un enseignant, n'en a jamais fait plus de 20 par semaine! De quoi il se mêle?"

Je veux bien, mais je me permettrai de répondre que le métier d'enseignant doit être le seul où, depuis 30 ans, le temps de travail a bel et bien été relevé sans augmentation de salaire! Quand j'ai commencé ma carrière, l'horaire d'un prof était de minimum 19h/s pour un licencié (et même 18 pour un prof de français) et de 21h/s pour un régent. Je dis minimum parce que l'on peut vous imposer 2 heures de "plage" (=heures sup obligatoires) sans supplément de salaire (ça fait quand même 10% de travail en plus pour pas un euro!). Aujourd'hui, il est de 20h et 22 minimum, ce qui fait bien 5% de travail en plus pour rien en plus. Je me demande bien quelle autre catégorie de travailleurs accepterait ces conditions? En plus de cela, auparavant le titulaire de classe était payé 1h pour ce travail (récolter les points et faire les bulletins, contrôler les journaux de classe chaque semaine, contacts avec les parents et pas seulement à la remise des bulletins, dossier pédagogique, médical, disciplinaire à tenir à jour... le tout en devant respecter des consignes strictes). Aujourd'hui, le même travail doit être presté, mais n'est plus payé... Encore une fois, quel autre métier accepterait de faire tout cela "après ses heures"?



25/02/2012
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