Le Monde vu de la Cortewilde

Le Monde vu de la Cortewilde

"Le Mentaliste " : un "réaliste"?

    J’aime beaucoup le feuilleton américain « Le Mentaliste ».

 

    Bien sûr cela reste « du cinéma » et quand, la
première fois qu’il vous voit, il est capable de dire à quel âge vous avez
arrêté de fumer, cela me semble un peu exagéré. Mais ça fait partie de son
personnage : le spectateur attend cela, comme il s’attend à voir l’inspecteur
Colombo arriver en 403 dans un vieil imper froissé pour nous parler de sa
femme. Cela fait partie du jeu.

 

    Mais la semaine dernière, je suis tombé sur un épisode où le
Mentaliste était toujours aussi en forme, à l’opposé du scénariste qui avait dû
abuser la veille du Bourbon ou des mushrooms…

 

    Cela se passait dans le milieu hospitalier « à l’américaine » et je m’attendais à découvrir, quoi de plus normal des chirurgiens cyniques en train de copuler sans vergogne avec des infirmières pin-ups toutes plus consentantes les une que les autres, sous l’œil expert d’avocats dûment mandatés par leurs clientes jalouses pour leur faire des procès à coups de milliards de dollars.

J’y ai bien sûr retrouvé une infirmières en salle d’op mise
enceinte par l’assistant de son patron, mais à côté de ça, j’ai découvert des
aspects totalement inimaginables dans un hôpital renommé de l’Oncle Sam.

 

    Tout d’abord, une opératrice en radiothérapie qui dérobait
pour son compte du Césium 135, pour le revendre à des terroristes faiseurs de
bombes. A sa cinquième livraison, elle s’était fait piquer à la sortie par la
grande porte avec une lourde valise qui semblait vu son poids contenir de quoi
radiographier toute la population du continent asiatique.

 

    Ensuite, le Mentaliste a débusqué une anesthésiste
toxicomane qui détournait à son intention des doses d’antidouleurs destinés aux
opérés que l’on voyait du coup sortir de salled’op en hurlant de douleur car
réveillés trop vite…

Comme cela est tellement réel, à faire frémir !

 

    Mais je garde le meilleur, ou le pire, pour la fin !

Dans la section « transplantation », le chirurgien
chef de service venait de se faire assassiner et avait été remplacé aussi vite
par son second, qui immédiatement avait fait modifier l’ordre de passage des
transplantés au profit d’un caïd de la mafia en attente d’un rein, mais qui du
coup passait en priorité devant une pauvre femme dont les jours étaient comptés
à défaut d’une greffe immédiate. Le caïd avait promis un nouvel appareil IRM en
l’échange de son rein. Le coupable était tout trouvé, mais non ! Et je
vous fais grâce de la suite.

 

     Ici, je m’insurge quand même, car ce genre de scénario
risque de mettre en doute l’impartialité du système de priorité pour la greffe,
puisque le nombre de donneurs est malheureusement insuffisant. Il y a en effet des gens qui disent : "C'est vrai : je l'ai vu à la télé!"

 

    Pour être passé par là, je sais que l’ordre de priorité
établi par Eurotransplant est totalement indépendant de la volonté d’un seul
homme. Toutes vos données personnelles sont introduites dans un programme
informatique très complexe qui prend en compte des centaines de facteurs,
médicaux et autres. Je crois même qu’à urgence identique, le programme aurait
donné la première place à un jeune père de 3 petits enfants, qui a donc encore
une mission vitale à accomplir, plutôt qu’à moi qui avait eu le temps de vivre ma
vie et de laisser des enfants adultes capables de se débrouiller. Et j’aurais
trouvé cela normal.

 

     On vérifie aussi scrupuleusement que vous êtes physiquement
 apte à supporter une opération aussi
lourde et que vous ne lâcherez pas en cours d’opération, en ayant ainsi
gaspillé un greffon rare et précieux. Il faut aussi toujours s’attendre, même
en étant déjà arrivé à l’hôpital, à être renvoyé chez vous au dernier moment,
soit que le médecin responsable a estimé que le greffon n’était plus
suffisamment en bon état au moment de son arrivée en salle d'op où vous êtes déjà en
stand-by. Ou alors, à la dernière seconde, vous pouvez encore repasser en n° 2
parce que vient d’arriver, p. ex. quelqu’un victime d’une intoxication mortelle
du foie suite à un empoisonnement accidentel ou autre…

 

    La préparation est donc physique, mais aussi psychologique,
parce qu’il est aussi difficile parfois pour certains d’admettre la présence en
soi la présence d’un organe étranger, plus encore d’une personne décédée dont
vous « profitez » en quelque sorte de la mort…

 

    Bref, cet épisode était vraiment loin selon moi, et
heureusement, du monde hospitalier réel. Il n’en reste pas moins vrai que le monde
médical ne se prend pas toujours trop au sérieux, heureusement pour le patient.
Pendant mes séances d’embolisation, qui se font sans anesthésie, j’ai découvert
que l’assistant du chirurgien était un excellent danseur de hip hop. Et en soins
intensifs, j’ai eu droit à une excellente blague de potaches des internes à l’intention
d’une jeune infirmière aussi jolie que novice… Et n’ayez crainte : cela ne
se passait pas sous la ceinture !



25/10/2011
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 93 autres membres